Simon Yam est l'une des figures emblématiques du cinéma hongkongais. Acteur dans plus de 150 films ou séries, il a tourné dans tous les genres possibles, de la comédie à la romance en passant par le polar (souvent) ou les films ultra violents de Category III (films interdits aux mineurs). Ancien mannequin, il a débuté comme beaucoup à la TVB, chaîne de télévision hongkongaise qui durant les années soixante-dix était devenue l'eldorado de la Nouvelle Vague (
Tsui Hark ou
Johnnie To y font leurs armes). Il s'est alors fait connaître du public avec la série
A House is not Home où il interprétait un personnage gay, puis au cinéma avec
Law Don. Par la suite, il n'a cessé d'enchaîner les rôles en devenant rapidement l'un des comédiens les plus plébiscités de sa génération. A partir de la fin des années quatre-vingt, âge d'or du cinéma hongkongais, il tourne jusqu'à plus de dix films par an. On le voit partout, chez les plus grands cinéastes comme dans la dernière des séries B :
Tiger Cage (Yuen Woo Ping, 1988),
Mr. Coconut (Clifton Ko, 1989),
Big Brother (
Jackie Chan, Id) ou encore
Killer's Romance (Philip Ko, 1990).
En 1990, il marquera à jamais l'esprit des amateurs de cinéma hongkongais en jouant le rôle de Luke, le métisse romantique du chef d'œuvre de
John Woo,
Une balle dans la tête. Touche à tout, incroyable caméléon playboy, éternel gigolo, il peut jouer n'importe quoi, être à la fois le summum du chic et le personnage le plus cradingue, timbré et décadent. Il s'adapte à tous les contextes, tous les genres, aussi à l'aise dans des Catégorie III borderline comme
Dr Lamb (Danny Lee, 1992) et
Run and Kill (Billy Tang, 1993), que les films d'arts martiaux de
Tsui Hark (
Il était une fois en Chine, 1991) et
Jackie Chan (
Combats de maîtres, 1994) ou le polar trans-genre façon
Future Cops (Wong Jing, 1993) et les films de triades telle que la célèbre série des
Young and Dangerous (
Andrew Lau, 1996) qui lui vaudront d'être admiré par la pègre locale, ce dont il tirera une certaine fierté. Simon Yam est l'acteur populaire par excellence du cinéma hongkongais, glamour et doué mais peu attentif des productions où il met les pieds, toujours prêt à se vendre pour le fric où à s'engager dans des rôles improbables. Il est inoubliable dans
Full Contact de
Ringo Lam (1992) où il joue un chef de gang sadique à l'allure de grande folle dégénérée et perverse.
A la fin des années quatre-vingt-dix Simon Yam débarque chez
Johnnie To, d'abord par
Expect the Unexpected (Patrick Yau, 1998) qui revisite à sa manière la série US
NYPD Blue, puis par un petit rôle remarqué et déjanté dans
The Mission (1999). Sa carrière opère alors un virage, il va gagner en respectabilité. Il devient vite un acteur récurrent chez le nouveau maître du polar hongkongais. On le voit en écrivain dans
Fulltime killer (2001) ; dans la comédie romantico-fantastique
My Left Eyes Sees Ghots (2002) ; en chef d'escouade dans le sublime et nocturne
P.T.U. (2003) ; dans la série 24 revisité façon
Johnnie To avec
Breaking News (2004) ; en parrain mafieux dans le diptyque
Election (2005/2006), peut-être son plus grand rôle dramatique ; dans
Exiled (2006), magnifique prolongement crépusculaire à
The Mission ; ou encore dans
Triangle (2007), l'association filmique de To,
Tsui Hark et
Ringo Lam, et
The Sparrow (2008), dernier film du cinéaste. Tout en étant apparu dans quelques productions occidentales comme
Lara Croft Tomb Raider : le berceau de la vie (Jan de Bont, 2002) et
L'Empreinte de la mort (Philippe Martinez, 2004), avec
Jean-Claude Van Damme, Simon Yam continue de tourner en moyenne trois films par an