Sophia Loren a été et restera dans l'histoire du cinéma comme l'une des plus célèbres et des plus séduisantes actrices italiennes. Fille illégitime abandonnée par son père, Sofia Scicolone de son vrai nom, connaît une enfance difficile à Pozzuoli, une banlieue de Naples où elle vit avec sa mère et sa sœur. Après avoir remporté deux prix de beauté en 1949, elle part pour Rome où elle fait ses débuts à Cinecittà comme figurante dans le titanesque péplum
Quo Vadis (Mervyn LeRoy, 1951) avec Robert Taylor et Deborah Kerr. Elle pose ensuite pour des romans photos sous le nom de Sofia Lazzaro, et enchaîne une dizaine de mélodrames et comédies populaires sous le même nom, dont
Les Mousquetaires de la mer (Giorgio Blanchi, 1950),
Quelles drôles de nuits (Marino Girolami/Marcello Marchesi, Id) et
L'Héritier de Zorro (Mario Soldati, 1952). Elle obtient son premier rôle important chez Luigi Comencini dans
La Traite des blanches (1952) et adopte son nom de scène définitif chez Giovanni Roccardi pour
Sous les mers d'Afrique (1953), un film d'aventure exotique fantasmant déjà sa plastique de brune opulente et sexy. Elle ne tarde alors pas à faire la connaissance du producteur Carlo Ponti, qui l'engage et la fait tourner dans une série de films allant de la comédie (
Un Giorno in pretura, Steno, 1954), le musical (
Le Carrousel fantastique, Ettore Giannini, 1954), ou le péplum revisité :
Deux nuit avec Cléopâtre (Mario Mattoli, 1953), resté célèbre pour la scène où Sophia Loren apparaît seins nus.
En 1954, son rôle de pizzaïola vulgaire et aguicheuse pour
Vittorio De Sica dans
L'or de Naples fait d'elle une star tout un installant les bases solides de son mythe sexuel. Elle retrouvera très vite
De Sica (acteur) dans
Dommage que tu sois une canaille (Alessandro Blasetti, Id), où elle forme un duo parfait avec
Marcello Mastroianni, acteur avec qui elle jouera dans plus d'une dizaine de films dont quelques trésors de la comédie italienne :
Par-dessus les moulins (Mario Camerini, 1955),
Mariage à l'italienne (
Vittorio De Sica, 1964),
La Femme du prêtre (Dino Risi, 1971),
Une journée particulière (
Ettore Scola, 1977). Sa carrière désormais méticuleusement organisée par elle-même et Carlo Ponti avec qui elle se marie bientôt, Sophia Loren peaufine son image de star vouée à l'international. Prenant des cours d'anglais durant le tournage de
La Fille du fleuve (Mario Soldati, 1955), elle débute sa carrière hollywoodienne chez Stanley Kramer dans
Orgueil et passion (1957), aux côtés de Cary Grant et
Frank Sinatra, qu'elle poursuit dans deux films d'aventure,
Ombres sur la mer (Jean Negulesco, Id) et
Legend of the Lost (Henry Hatthaway, Id). Elle enchaîne alors les films et les rôles dans des styles variés où elle côtoie les plus grandes stars hollywoodiennes : mélodrame avec
Le Désir sous les ormes (Delbert Mann, 1958) et
L'Orchidée noire (Martin Ritt, Id) ; comédie sophistiquée ou non avec
La péniche du bonheur (Melville Shavelson, Id),
Une espèce de garce (
Sidney Lumet, 1959) et
La diablesse en collant rose (
George Cukor, 1960).
Après la comédie britannique avec
Peter Sellers,
Les Dessous de la millionnaire (Anthony Asquith, Id), elle tourne pour
Anthony Mann dans son film historique
Le Cid (1961), aux côtés de Charlton Heston, puis
Vittorio De Sica la fait revenir en Italie pour le rôle qui lui vaudra l'Oscar,
La Ciociara (1960), adapté d'
Alberto Moravia. Le réalisateur et l'actrice se retrouveront alors pour cinq autres films dont un épisode de
Boccace 70 (1962),
Les Séquestrés d'Altona (Id), adapté de
Jean-Paul Sartre,
Hier, aujourd'hui et demain (1963) et
Les Fleurs du soleil (1970), avec à nouveau
Marcello Mastroianni comme partenaire. Elle retrouve en parallèle les productions internationales et ses cinéastes stars,
Anthony Mann encore pour
La chute de l'empire romain (1964),
Stanley Donen pour le mésestimé
Arabesque (1966),
Charlie Chaplin pour
La Comtesse de Hong Kong (1967). A partir du milieu des années 70, sa carrière ralentit et la qualité de ses films est en baisse. Elle s'égare dans des productions de seconde zone et s'arrête même de tourner entre 1979 et 1984. Durant les années 80, elle tourne quelques fois pour la télévision, notamment une autobiographie en 1981, pour la télévision américaine, où elle interprète le rôle de sa mère et le sien dans sa jeunesse. En 1994
Robert Altman réunit son couple mythique avec
Mastroianni dans
Prêt-à-Porter, puis suivront quelques productions de peu d'intérêt comme
Les Grincheux 2 (Howard Deutch, 1995),
Soleil (
Roger Hanin, 1997) et un film signé du fils qu'elle a eu avec Carlo Ponti, Edoardo Ponti,
Between Strangers (2002) avec
Mira Sorvino. A noter enfin qu'elle est à l'affiche avec
Nicole Kidman,
Kate Hudson,
Daniel Day-Lewis et
Marion Cotillard du film de Rob Marshall
Nine (2009), inspiré du
Huit et demi de
Federico Fellini.