Spike Lee



Spike Lee Nationalité : américaine
Naissance : 20 March 1957 à Atlanta, Georgie
Age : 52 ans
Métiers : Réalisateur, Producteur de cinéma, Scénariste de cinéma
Quelle différence entre les personnages hollywoodiens et les miens ? Les miens sont réels.
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Spike Lee est rentré dans l'histoire du cinéma comme le premier cinéaste militant en faveur de la cause afro-américaine. Il est devenu son historien, son sociologue, son commentateur, son défenseur, et peut-être son plus grand critique. Son œuvre a su s'imposer, non sans controverse, depuis le milieu des années 80, en interrogeant les fondations du racisme, à la fois au cœur de la nation américaine et de sa représentation cinématographique et médiatique. Cinéaste indépendant, intransigeant, connu pour ses partis pris parfois virulents, il a longtemps et encore aujourd'hui, pâti d'un réputation sulfureuse qui lui a valu d'être taxé d'auteur arrogant, colérique, antisémite et parfois même raciste, tant sa défense de la cause afro-américaine se veut directe, morale, une quête de vérité qui dérange. Un homme de dialectique donc, qui a bâti son œuvre sur un discours politique fort, dont la cause, à travers la défense des droits civiques et la mise en accusation d'un système, de sa société, ses archaïsmes et son quotidien, éclaire la condition générale des minorités au sein du rêve américain, l'hypocrisie de son melting pot. Spike Lee est un auteur unique, à la fois marginal et intégré, qui a su donner à Hollywood la voie qui lui manquait. En sortant le cinéma afro-américain des oripeaux de la blaxpoitation ou des comédies ethniques poids lourds et autres gangsta movies, il a donné du sérieux à la représentation des noirs à Hollywood. En creusant l'histoire de son peuple, en fouillant dans ses racines, ses mouvements au vingtième siècle, la place qu'il a pris ou non dans l'Histoire, il est devenu le personnage légitime, le porte parole d'hommes et de femmes longtemps oubliés ou caricaturés par Hollywood. Un cinéaste engagé pour une cause qui depuis, un peu grâce à lui, n'a peut-être plus besoin d'être défendu, le signe d'une victoire sur les archaïsmes d'une société et une promesse réalisée pour l'Amérique.

Naissance d'un auteur


L'histoire de Spike Lee débute à Atlanta où il est né. Sa mère, Jacqueline Shelton est professeur d'art et spécialiste en littérature noire, son père, William James Edward Lee III, connue aussi sous le nom de Bill Lee, est un jazzman. Enfant, le jeune Spike déménage avec sa famille pour New York, la ville deviendra son fief, son home, sa terre de prédilection où nombreux de ses films se situeront. Issu de la classe moyenne afro-américaine supérieure et intellectuelle, Spike fait ses premiers pas universitaires au Morehouse College, établissement réputé pour former l'élite noire américaine. Il y réalise en 1977 son premier court-métrage, Last Hustle in Brooklyn, avant de poursuivre ses études de cinéma à la Clark Atlanta University puis à la célèbre New York University's Tisch School of the Arts. Au sein de cette dernière, le jeune réalisateur enchaîne les courts-métrages, il y tourne notamment : The Answer (1980) ou sa réponse à Naissance d'une nation de D.W. Griffith, célèbre classique du muet américain dont il accuse la vision biaisée, pro blanche, qui met en avant les valeurs du Klux Klux Klan ; il enchaîne sur Sarah (1981), un autre film à thèse, puis sur Joe's Bed-Stuy Barbershop : We Cut Heads (1983), un moyen métrage plus ambitieux autour d'un personnage héritant d'un salon de barbier après le meurtre de son ancien propriétaire. Le film décrit comment son héros en prise avec la réalité dérive vers le destin de son prédécesseur, tout en montrant déjà une vision de la ville promise à la violence et la survie. On comprendra ainsi que très tôt, Spike Lee s'intéresse au conditionnement de l'homme dans son espace à travers ce film qui conclut son parcours universitaire, et sera plusieurs fois récompensé.

En 1986 Spike Lee réussit à tourner en douze jours et pour 175 000$ son premier long métrage, Nola Darling n'en fait qu'à sa tête. Le film est présenté à Cannes où il se fait remarquer. En racontant les amours libres d'une jeune noire de Brooklyn avec un humour mordant, frais, acidulé, Lee séduit par la vivacité de son style et ses talents de dialoguistes. Très vite, la critique voit en lui un Woody Allen black. Une étiquette qui tombera bien vite. Après une comédie musicale inédite en salles, Classe tous rires (1988), où il continue dans un autre genre de filmer l'histoire des afro-américains mais cette fois au sein d'une fratrie universitaire, Spike crée la sensation en 1989 avec Do the Right Thing, en compétition officielle à Cannes et lauréat de nombreux festivals ou compétitions. Situé dans un bout du ghetto de Brooklyn, le film dessine les contours d'une tragi-comédie sur les disparités entre communautés noires et italo-américaines. Savamment monté et écrit, le film montre habilement comment le racisme ordinaire et vécu au quotidien crée une violence jouant l'effet d'une cocotte minute, qui forcément implose. Avec humour, générosité et lucidité, Lee dresse alors un bilan sans concession d'une réalité larvée par les médias. Son style est maîtrisé, à la fois dans l'air du temps avec sa B.O de Public Enemy, et d'une certaine finesse dans la description d'un espace, d'une ambiance estivale, moite, lourde, qui influence sur les comportements, ponctuée par un rythme qui s'accélère lors de l'explosion du conflit. Le film fera l'effet d'une petite bombe et son réalisateur devient instantanément la figure incontournable d'un cinéma black qu'on attendait. Suivront alors des films où il continuera d'explorer ses thèmes de prédilection, le jazz dans Mo' Better Blues (1990), avec Denzel Washington, puis la violence et le racisme dans Jungle fever (1991), où à travers une romance interraciale il dépeint les préjugés de chaque communauté, la difficulté à transgresser les barrières, les archaïsmes, la famille, le regard des autres. Un beau film sur la séduction où la réalité, le passé, les origines, la société, rattrapent des personnages qui dans l'amour et le sexe portent pourtant l'espoir d'en finir avec le racisme.

"We are Malcom X" et dérives


Désormais cinéaste de premier plan, Spike Lee se plonge dans l'histoire de sa communauté avec une ambition toujours plus grande. En 1992, il réussit ainsi à financer Malcolm X, un biopic du célèbre leader afro-américain dont le rôle fût décisif dans le combat pour les droits civiques. Tourné à la manière d'une fresque épique, ce film de plus de 3 heures, qui couronne la présence et le talent de Denzel Washington, permet à Lee de réveiller, tout en lui rendant hommage, la figure de Malcolm X dans l'histoire américaine. Non sans lucidité (il n'occulte pas la période extrémiste du personnage), le cinéaste inscrit surtout son héros dans une perspective américaine, pédagogique, démocratique, tel un héros de la liberté d'un peuple dont les générations doivent se souvenir. On retiendra à ce titre la fin, forcément un peu démagogique mais fatalement symbolique, où chaque enfant dans une classe se lève pour scander, « I am Malcolm X ». Le film deviendra célèbre et réputé, malgré, n'en déplaise à ses admirateurs, un certain académisme, sans doute dû à un trop grand respect du réalisateur pour son personnage. Mais le message est passé et tel était son but, réhabiliter, instruire, éveiller les consciences, sans renier la forme, qui souvent malgré les apparences, s'est aussi se révéler aussi brillante et forte que le discours. Deux après Malcolm X, Spike Lee tourne son film le plus personnel, Crooklyn (1994), une œuvre semi-autobiographique autour d'une famille de Brooklyn durant les années 70, puis il enchaîne sur Clockers (1995), un polar sombre et amer, sans illusion, sur fond de guerre des gangs, trafic de drogues, d'armes et de jeunesse sacrifiée. On note alors un virage vers le cinéma de genre sans toutefois que l'auteur abandonne sa vision âpre et lucide de la société. Il donne la vedette à Harvey Keitel et John Turturro, un de ses acteurs fétiches prouvant par ailleurs que les clichés afro centristes que les journalistes lui collent à la peau, sont faux.

En s'écartant un peu de ses débuts militants, Spike Lee déroute la critique et le public qui dès lors devient plus exigeant. En 1996, sa comédie Girl 6 et Get on the Bus, un faux road movie autour d'une vingtaine d'étudiants noirs de Los Angeles partant pour Washington afin d'assister à la Million Man March de Louis Farakhan se révèlent des échecs. Pourtant ce dernier revient aux obsessions et à la cause du cinéaste avec une belle inventivité visuelle mêlant Super 16mm et vidéo. Deux ans plus tard, Lee retrouve les faveurs du public avec He Got Game (1998), où il mêle sa passion du basket à une intrigue familiale sur fond d'exploration peu glorieuse du milieu sportif universitaire. La même année, Lee tourne Summer of Sam (1999), un thriller urbain autour d'un groupe d'italo-américains de la classe moyenne vivant dans le Bronx en 1977. Le film lui permet surtout de délaisser rapidement les arcanes du genre pour préférer l'étude de mœurs, la critique sociale et dénoncer, si besoin encore en est, le racisme. Suivront le méconnu Bamboozled (2000), une satire de la représentation des noirs dans les médias américains, puis après deux ans d'absence, La 25e heure (2002), un thriller dans le New York de l'après 09/11, suit Edward Norton en dealer en sursis. Un beau film, intelligent, maîtrisé, crépusculaire, angoissé et pourtant dans l'attente d'une reconstruction plus sereine. Malgré l'intrigue, les personnages, Lee n'y délaisse pas pour autant la cause et ponctue le film de quelques saillis sur le racisme et l'image des communautés new-yorkaises. L'auteur aura moins de chance avec la comédie She hate me (2004), où il s'emmêle les pinceaux dans une narration alambiquée et un propos machiste ambigu, quand la mise en scène n'aligne pas les plans sans y croire avec une allure de vieux clips des années 80. L'auteur aura plus de succès en revenant au thriller avec Inside man - l'homme de l'intérieur (2006), l'histoire d'un casse mené par Clive Owen en faux terroriste, et beaucoup moins avec Miracle à Santa Anna (2008), un film de guerre sur l'histoire d'un bataillon de militaires afro-américains durant la campagne d'Italie. Pays où le film fait polémique pour certains détails historiques importants que le réalisateur a pris visiblement un peu trop soin de romancer.

Spike Lee documentariste et Maison Noire


En parallèle de ses fictions pour le cinéma, Spike Lee tourne régulièrement pour la télévision ou pour des projets en marge depuis la fin des années 90, période où sa côte de popularité est en chute libre. Il a ainsi enchaîné documentaires, téléfilms, épisodes de série télé et projet collectif, pour la plupart liés à son militantisme ou son travail d'historien de la communauté afro-américaine. On lui doit notamment 4 Little Girls (1997), un documentaire cinéma sur un attentat terroriste raciste ayant touché une église afro-américaine d'Alabama durant le mouvement des droits civiques : l'incident a provoqué la mort de quatre fillettes sur lesquelles l'auteur focalise son récit ; Freak (1998, TV) où le comédien John Leguizamo joue son propre rôle et remporte un Emmy Award pour sa performance ; deux documentaires musicaux autour de Luciano Pavarotti : Pavarotti & Friends for the Children of Leberia (Id, TV) et Pavarotti & Friends 9 for Guatemala and Kosovo (1999, TV) ; The Original Kings of Comedy (2000), un documentaire cinéma sur quatre stars afro-américaines du stand-up dont feu Bernie Mac ; A Huey P. Newton Story (2001, TV), la captation d'une pièce de et avec Roger Guerveur Smith autour de l'un des co-fondateurs des Black Panthers, mouvement radical prônant la lutte armée pour la défense des noirs américains contre l'oppression policière. ; Jim Brown : All American (2002, TV), un documentaire sur la vie d'un ex footballeur américain ; ou encore Sucker Free City (2004, TV), un téléfilm sur la guerre des gangs à San Francisco.

Dans le même veine, il est également derrière la caméra pour deux épisodes de la série Miracle's Boys (2005, TV), et auteur du pilote de Shark (2006, TV), une série mettant en scène James Woods en avocat de Los Angeles. Il signe aussi : Jesus Children of America (2005), un segment du film collectif Les Enfants invisibles, où il raconte l'histoire d'un jeune de Brooklyn apprenant qu'il est séropositif - on trouve parmi les autres réalisateurs, Ridley Scott, John Woo ou Emir Kusturica ; Katrina (2006, TV), un documentaire fleuve en deux parties auscultant la responsabilité et la réponse apportée par le gouvernement américain pendant et après l'ouragan éponyme qui toucha la Nouvelle Orléans, Etat à forte concentration afro-américaine ; Lovers & Haters (2007), un court-métrage amusé autour de la chanteuse Mariah Carey ; M.O.N.Y (2008, TV), un téléfilm sur un avocat devenant le maire par intérim de New York, hélas l'œuvre, coécrite par le cinéaste Barry Levinson, n'a pas bonne réputation. Il poursuivra cette recherche documentaire avec Game Day with Kobe (2008, TV), avant de revenir au téléfilm dans Passing Strange (2009, TV) sur la vie d'un jeune musicien de Los Angeles partant pour l'Europe. Décidément amateur de basket, il doit également réaliser un documentaire sur Michael Jordan, avant ou après avoir signé une suite à Inside Man. En 2008 enfin, Spike Lee a fait entendre sa voix durant la campagne présidentielle de Barack Obama, qu'il a défendu haut et fort en rêvant, dit-il, que la Maison Blanche devienne noire. Et comme par un juste et amusant retour des choses, non seulement son rêve fût exaucé, Obama est devenu le 44ème président de l'histoire des Etats-Unis, et en plus celui-ci révéla qu'il donna pour la première fois un baiser à son épouse devant un film de Spike Lee ! Black power ? Mieux, United States of America : "yes, we can", and love is all. Désormais l'auteur peut dormir tranquille, son rêve s'est pour ainsi dire, réalisé.

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Amis/Famille Denzel Washington, Naomi Campbell

Spike Lee : vos commentaires

diditeus   04 Février 2009 à 18:25   

Merci Spike Lee, d'avoir osé se mettre debout pour écrire une grande page d'histoire de la diaspora Noire...il manque beaucoup de page à cette histoire mais avec des hommes et des femmes comme vous, on pourra faire vivre et revivre cette histoire. C'est essentiel pour notre humanité...celle de tout homme sur terre

daniel bodein (invité)   29 Novembre 2008 à 22:43   

enfin pour une fois justice et faite alore je dit bravo a obama pour son election de president des usa vous allee voire que obama va faire de lameric une grand nation car il a le carisme se un homme tres fort mantalememt la couleure de peaux von rien changer a sa politic car opn a plus le droid de juger des homme de couleure diferente blanc blak jaune on et des etre vivan alore vaux mieux travallier ensemble pour la paix au monde entier mercie obama

daniel bodein (invité)   29 Novembre 2008 à 22:42   

enfin pour une fois justice et faite alore je dit bravo a obama pour son election de president des usa vous allee voire que obama va faire de lameric une grand nation car il a le carisme se un homme tres fort mantalememt la couleure de peaux von rien changer a sa politic car opn a plus le droid de juger des homme de couleure diferente blanc blak jaune on et des etre vivan alore vaux mieux travallier ensemble pour la paix au monde entier mercie obama

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