Stephen Sommers s'est rendu célèbre en ressuscitant le serial hollywoodien à la fin des années 90 avec
La Momie. Diplômé de la St John's University dans le Minnesota, où il a grandi, ainsi que de l'Université de Séville en Espagne, il se forme au cinéma en intégrant l'University of Southern California à Los Angeles. Durant son Master, il écrit et réalise
Perfect Alibi, un court métrage primé lui permettant de débloquer des fonds pour son premier long,
Catch Me if You Can (1989), l'histoire d'un jeune coureur automobile qui convainc le proviseur de son lycée de parier sur lui dans des courses illégales. Pas un chef d'œuvre mais l'esprit est là, et la B.O enchaîne les tubes des 50'/60's. Le film sera essentiellement distribué en vidéo. Quatre ans plus tard, quasiment sur la paille, Sommers réussit à vendre à Disney une adaptation de
Mark Twain,
Les aventures de Huckleberry Finn (1993). Tourné avec le jeune Elijah Wood, le vétéran Jason Robards et l'imposant
Ron Perlman, le film obtient un joli succès et permet à Sommers d'enchaîner sur
Le Livre de la Jungle (1994), toujours pour Disney. La même année, il signe le script du nanarisant
Gunmen (Deran Sarafian, Id), film d'action bidon avec
Christophe Lambert et
Mario Van Peebles, puis, pour Disney, celui de
Tom and Huck (Peter Hewitt, 1995), une autre relecture des personnages de
Mark Twain. En 1998, il obtient un budget plus conséquent pour écrire et réaliser
Un cri dans l'océan un film d'action horrifique où des mercenaires sont en proie à un monstre aquatique géant lointainement inspiré d'
Alien. Entre hommage sympathique à la série B et effets spéciaux de haut vol,
Un cri dans l'océan n'explose pas le box office mais se taille une petite réputation.
Avec
Un cri dans l'océan, Sommers a prouvé aux studios qu'il sait gérer des effets spéciaux. C'est ainsi qu'il réussit à écrire et réaliser pour Universal un remake blockbusterisé du classique de Karl Freund de 1932,
La Momie (1999). Le film impressionne alors avec ses effets numériques dernier cri et emballe par son humour décomplexé. D'une générosité de chaque instant, rempli de petites trouvailles visuelles sidérantes, joyeusement mené par un
Brendan Fraser en aventurier de charme évoquant vaguement Indiana Jones,
La Momie est un succès international. L'hommage sympathique au serial est alors dans l'air du temps, il lancera même la mode. Le film permet à Sommers d'enchaîner sur une suite,
Le Retour de la momie (2001), hélas moins maîtrisée car plus inégale et un peu trop hystérique, mais qui explose les compteurs du box office américain. Trois ans plus tard, dans la même lignée et encore pour le compte d'Universal, il revisite cette fois le monde des vampires avec
Van Helsing (2004). Foutraque, plus rococo que baroque, saturé d'effets numériques jusqu'à donner la nausée, le film ressemble à une bouillie de plans plongée dans un déluge pyrotechnique assourdissant difficile à regarder. La générosité de Sommers est toujours présente,
Hugh Jackman en Van Helsing est sympathique, c'est énergique et enlevé, mais bien trop épuisant et confus pour convaincre. Sommers traverse alors une petite traversée du désert pour revenir comme producteur en 2008 de l'irregardable
La Momie 3, avant de revenir aux affaires sérieuses et à la réalisation avec le très attendu
G.I. Joe (2009), une adaptation des jouets éponymes d'Hasbro (
Transformers). Il travaille enfin sur divers projets dont
Airborn et
When Worlds Collide.