Steve Martin est célèbre à Hollywood pour ses nombreuses comédies populaires qui ont fait de lui l'un des piliers du genre depuis le début des années 80. Enfant, il grandit en Californie où durant les vacances scolaires il décroche son premier job à Disneyland en vendant des guides. Pendant son temps libre, il prend plaisir à déambuler dans la boutique de Merlin l'enchanteur dont il apprend vite tous les tours de magie. Ce qui lui permet d'obtenir quelques temps plus tard un poste où il s'amuse à distraire le public. Son bac en poche, Martin s'inscrit au Santa Ana Junior College pour y suivre des cours d'arts dramatique et de poésie. Il en profite pour s'initier à la comédie avec une amie en participant à quelques petites productions. Quelques temps après il rencontre l'actrice Stormie Sherk, avec qui il invente un duo comique. Celle-ci l'incite à poursuivre des études de philosophie au Long Beach State College. Martin prend plaisir à cette nouvelle carrière universitaire. La philosophie chamboule sa vision des choses, ses convictions, il se découvre une passion pour la logique révolutionnant complètement son système de pensée. Pendant un temps, Martin envisage ainsi de devenir professeur, mais après quelques années d'études et un transfert à UCLA, il abandonne son cursus pour définitivement se diriger vers le théâtre et le stand-up. Le jeune comédien se lance alors dans une grande tournée de clubs locaux. Avec l'aide de sa compagne de l'époque, Nina Goldblat, il intègre en 1967
The Smothers Brothers Comedy Show. Cette expérience lui permet d'écrire des sketchs salués par un Emmy Award, sa première récompense : il n'a alors que 22 ans. Martin deviendra par la suite l'un des scénaristes phares de
The Sonny and Cher Comedy Hour (1971/1973), ainsi que de différents shows télé dans lesquels il passe parfois devant la caméra.
Martin superstar du stand-up
A partir du milieu des années 70, Steve Martin fait plusieurs apparitions pour ses performances de stand-up dans
The Tonight Show,
The Going Show,
On Location et le fameux
Saturday Night Live - dont il ne fut jamais l'un des membres, malgré ce que l'on pourrait croire. Cette couverture médiatique le rend célèbre et lui permet de sortir son premier album comique (un genre méconnu chez nous),
Let's Get Small (1977). C'est un succès, certaines phrases deviennent culte au point que des expressions rentrent dans le langage courant aux Etats-Unis. Son deuxième album,
A Wild and Crazy Guy (1978), remporte un triomphe supérieur au précédent, il sera récompensé lui aussi d'un Emmy Award. Dans ses sketchs audio, Martin reprend le matériau comique qu'il exploite en stand-up : il joue d'autodérision, d'ironie, mélangées à une relecture hilarante des concepts philosophiques qu'il a découverts durant ses études. La popularité dont il jouit alors est digne des plus grandes stars du monde de la musique. Ses tournées sur scènes se jouent toutes à guichets fermés devant des milliers de fans tordus de rire à chacune de ses répliques. Mais comme il l'a indiqué lui-même, le stand-up n'était pas sa vocation, son but étant le cinéma. Il fait ainsi sa première apparition en 1977 dans le court-métrage
The Absent-Minded Waiter (Carl Gottlieb) dont il écrit également le scénario. Premier essai et premier succès, puisqu'il est nominé aux Oscars du meilleur court-métrage. Un an plus tard, il obtient enfin son premier rôle dans un long métrage, le musical
Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club (Michael Schultz, 1978), hélas un navet, ce qui ne sera que le premier de sa carrière.
En 1979, après une participation à
Muppets, le film (James Frawley), la version cinéma de la célèbre émission télé comique
Le Muppet Show, Martin écrit et joue dans
The Jerk de Carl Reiner, une comédie dans laquelle il tient plusieurs rôles, surtout celui d'un crétin. Le film est un succès et Hollywood lui ouvre ses portes. Après un échange avec
Stanley Kubrick pour un projet qui ne verra finalement jamais le jour, il change de registre avec
Tout l'or du ciel (Herbert Ross, 1981), puis revient à la comédie pour Carl Reiner sur le culte et audacieux
Les cadavres ne portent pas de costard (1982). Un hommage aux classiques du film noir hollywoodien dans lequel l'acteur côtoie par un savant jeu de montage quelques icônes de l'époque tels qu'Humphrey Bogart,
Veronica Lake, Bette Davis,
Lana Turner,
Ava Gardner, Alan Ladd ou encore Carry Grant et
Ingrid Bergman. Le casting rêvé qu'aucun cinéaste de l'époque n'a jamais pu avoir. Reiner et Martin se retrouveront l'année suivante pour un autre film au concept délirant,
L'homme aux deux cerveaux (1983), puis, toujours obsédés par le thème de la greffe et de la fusion des corps (dans
Les Cadavres, c'était les images), ils tournent
Solo pour deux (1984) où l'âme d'une millionnaire s'incarne par erreur en lui. En 1986, rejoint par deux stars du
Saturday Night Live, Martin Short et
Chevy Chase, il joue dans
Trois amigos de
John Landis, une comédie sur un improbable trio d'acteurs muets au chômage partant dans un village au Mexique pour le débarrasser de son gang de hors-la-loi. La même année, Martin s'associe avec
Frank Oz pour une adaptation du célèbre spectacle de Broadway inspiré du film éponyme,
La petite boutique des horreurs. Un classique des eighties mené avec talent par un cinéaste qui a fait ses preuves.
Martin superstar d'Hollywood
La notoriété de Martin ne cesse alors de grimper à Hollywood durant cette deuxième partie des années 80. Il devient vite l'un des acteurs fétiches de la comédie américaine, pas forcément la plus connue chez nous et pourtant pas la plus négligeable. Il est ainsi à l'affiche de l'hilarant
Un ticket pour deux de
John Hughes (1987) où il fait voyage malgré lui avec un John Candy envahissant ; du génial et méconnu
Le plus escroc des deux de
Frank Oz (1988) dans lequel il demande à
Michael Caine de lui enseigner son savoir-faire pour embobiner les riches héritières de la riviera ; du sympathique
Portrait craché d'une famille modèle de
Ron Howard (1989), une comédie dramatique nominée aux Oscars ; ou encore de son chef d'œuvre,
L.A Story de Mick Jackson (1991), une comédie romantico-existentielle au cœur de la cité des anges. Devant la caméra et au scénario, Martin signe ici un film d'une intelligence folle : la poésie se mélange à la satire, l'humour à la sensibilité en passant par le conte philosophique urbain. Par la suite, si les succès seront souvent présents, d'un point de vue artistique sa carrière va décliner. En 1991 il joue avec
Diane Keaton dans un remake peu convaincant du film de
Vincente Minnelli,
Le Père de la mariée (Charles Shyer) - auquel sera donné une suite,
Le Père de la mariée 2 (Id, 1995), encore moins passionnante. Changeant brièvement de registre, il signe pour
Grand Canyon (Lawrence Kasdan), un drame avec
Danny Glover, puis revient à ce qu'il sait fait le mieux mais pas pour le meilleur dans
Fais comme chez toi (1992), avec
Goldie Hawn, du pourtant doué
Frank Oz.
Suivront alors plusieurs comédies en tous genres pour la plupart oubliables telle que
Sergent Bilko (Jonathan Lynn, 1996), un polar de David Mamet,
La Prisonnière espagnole (1997), un tandem avec
Eddie Murphy pour
Frank Oz dans
Bowfinger, roi d'Hollywood (1999) dont Martin a écrit le scénario. Hélas, cette comédie parodique sombre vite dans un humour primaire et poussif. Après plusieurs échecs en salles, l'acteur retrouve un regain de popularité grâce à
Bronx à Bel Air (2003) d'
Adam Shankman, une comédie familiale sur fond de choc des cultures. Le comédien retrouvera le réalisateur sur la suite de
Treize à la douzaine (2005) dont il était déjà la star. L'acteur se contente du minimum dans ces comédies poids lourds que les studios américains sortent stratégiquement durant les fêtes de Noël. Le succès est au rendez-vous, moins la qualité. En 2005, après un passage dans le sympathique et délirant
Les Looney Tunes passent à l'action de
Joe Dante (2003), Martin joue dans
Shopgirl (Anand Tucker), une comédie écrite à partir son propre roman. L'acteur et auteur change de ton en explorant les relations complexes d'un triangle amoureux. Il n'évite pas la sensiblerie mais sait aussi séduire par sa mélancolie. L'année suivante, il relève un pari impossible, prendre la relève de
Peter Sellers dans un remake raté et sans imagination de
La Panthère Rose (
Shawn Levy, 2006). Martin n'est pas loin de côtoyer le pire, ce qui ne l'empêche par de signer pour une suite,
La Panthère Rose 2 (Harald Zwart, 2009), on en demandait pas tant, surtout avec
Jean Reno au casting. Malgré ses nombreux naufrages, Steve Martin reste une légende parmi les comiques américains, un acteur décalé qui malgré lui n'est pas né à la bonne époque.