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Dans Un Prophète de Jacques Audiard (sortie le 26 août 2009), Tahar Rahim crève l'écran. Son rôle de détenu au visage d'ange lui permet de déployer un imposant éventail de jeu, entre fragilité, détermination et férocité. La performance du jeune acteur fit sensation au Festival de Cannes, où il frôla le prix d'interprétation masculine (le film remporta finalement le Grand Prix).
Détendu et souriant, Tahar Rahim nous parle de la façon dont il a abordé le rôle de Malik, de ses désirs d'acteur et des éventuelles récompenses que pourrait lui valoir Un Prophète.
Un rôle qui évoque De Niro et Pacino
Tout au début, pendant les essais, puis en tout début de préparation, j'ai évidemment pensé à tous ces grands acteurs-là, à la naissance de toute cette espèce de nouvelle vague américaine, le Nouvel Hollywood. Mais il a fallu abandonner tout ça. Il fallait éviter de rentrer dans ces mimétismes, il fallait que Malik ne ressemble à personne, qu'il ne soit pas la projection de quelqu'un 30 ans plus tard, surtout pas. Après évidemment, tout le monde a été imprégné de ce cinéma-là, marqué par ce cinéma-là. Donc quelque part, si on y pense, c'est plus à cause de ça que d'une référence particulière. Surtout que Jacques ne me donnait aucune référence, il n'en veut pas, parce qu'il s'agissait de créer et d'interpréter quelqu'un qui n'a jamais été vu, qui est complètement nouveau.
S'impliquer dans les scènes violentes
On avait répété la chorégraphie du meurtre un après-midi avec Hichem Yacoubi, qui joue Reyeb, et Olivier Schneider, le chorégraphe. Jacques voulait absolument que ce soit une chorégraphie qui paraisse réelle. Ce qui était très difficile pour cette scène, c'était d'arriver à croire vraiment à l'instant, je ne voyais pas d'autre moyen. Et c'était très très dur ; moi je l'appréhendais depuis le début du film, parce qu'elle marque vraiment un tournant. Après, en préparation physique, j'ai dû perdre 6 kilos aussi. Il fallait qu'il y ait cette maigreur de début de film, où le mec est un sans-abri.
Après Cannes, un César ?
J'y ai beaucoup pensé avant de commencer les essais. C'est à dire que ça fait rêver, ça donne envie un César. Et en traversant cette aventure-là, à mes yeux le César brille moins qu'avant. Mais c'est toujours touchant d'être récompensé j'imagine, ça doit être bien. Evidemment, il y a une reconnaissance à travers ça. Mais ma reconnaissance, je l'ai eue le jour où Jacques m'a choisi, c'est le plus beau prix que je puisse avoir. Après évidemment que ça fait plaisir, ça serait bien...
Propos recueillis par Damien Leblanc
- Lire la critique d'Un Prophète
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