Terrence Howard grandit à Cleveland dans l'Ohio où il passe de nombreux étés en compagnie de sa grand-mère, Minnie Gentry, une ancienne comédienne théâtrale qui n'est sûrement pas étrangère à sa future vocation. Emancipé à 16 ans, il déménage trois ans plus tard à New York afin de s'inscrire au Pratt Institute dans l'espoir de devenir professeur de sciences, une matière qui le passionne. Découvert dans la rue par un directeur de casting, il fait alors le choix d'abandonner ses études. Peu de temps après, il fait sa première apparition dans le téléfilm
La Famille Jackson (1992), après avoir connu la déplaisante expérience de disparaître du montage final d'un épisode du
Cosby Show.
L'année suivante, il fait ses débuts au cinéma dans le hip-hop
Who's the Man ? (Ted Demme, 1993) et enchaîne par la suite diverses séries télé telles que
Tall Hopes (1993) ou
Un drôle de shérif ( (1994). A partir de 1995, il va commencer à obtenir des rôles plus conséquents, tout en continuant de naviguer entre petit et grand écran. Howard participe notamment à une série de drames, registre qui semble lui convenir, à l'instar de
Dead Presidents (Allen Hugues et Albert Hugues, 1995),
Professeur Holland (Stephen Herek, id),
Johns (Scott Silver, 1996) ou
Valerie Flake (John Putch, 1999), et décroche en parallèle le rôle-titre de
Sparks (1996-1997), une sitcom comique annulée au bout de deux saisons.
En 2000, après avoir incarné Cassius Clay dans le biopic
King of the World (TV), sa carrière semble enfin lancée. Mais Howard fait de mauvais choix et multiplie les échecs :
Investigating Sex (Alan Rudolph, 2001),
Les Yeux de l'ange (Luis Mandoki, id),
Glitter (Vondie Curtis-Hall, id) ou
Biker Boyz (Reggie Rock Bythewood, 2003). Ses participations aux shows
Fastlane (2002),
Soul Food (2002-2003) et
Street Times (2003) lui permettent néanmoins de rebondir pour un temps, en attendant le rôle qui le révélera enfin aux yeux du public américain. Les promesses que l'acteur place en
Collision (2004), son film suivant, vont alors se concrétiser. Multi primé, notamment pour la qualité de son interprétation, ce film choral de
Paul Haggis lui offre une exposition inespérée. Qu'il consolidera immédiatement avec le succès de
Ray (Taylord Hackford, id), pour lequel il devient le partenaire musical du célèbre chanteur de blues qu'incarne
Jamie Foxx.
Mais ses talents de musicien et de chanteur seront davantage mis en valeur dans
Hustle et Flow (Craig Bower, 2005). En proxénète fatigué se rêvant rappeur afin d'échapper à son quotidien crasseux et morose, Howard fait sensation auprès de la critique qui encense sa prestation toute en sensibilité et ferveur, et, honneur ultime, se voit nominé par ses pairs à l'Oscar du meilleur acteur. Désormais reconnu, il enchaîne ensuite plusieurs films musclés, à l'image de l'efficace série B
Quatre frères (
John Singleton, id), prêtant ainsi main forte à Mark Walhberg dans son désir de vengeance, le biopic gangsta de 50 Cents
Réussir ou mourir (
Jim Sheridan, id), et le douteux film d'auto-défense,
A vif (Neil Jordan, 2007), avec
Jodie Foster en digne héritière de
Charles Bronson. Un registre qu'il va cependant chercher à élargir avec la comédie familiale
The Perfect Holiday (Lance Rivera, id) et le thriller foireux
Awake (Joby Harold, id) où il joue un mauvais tour à
Hayden Christensen grâce à
Jessica Alba. A l'affiche en 2008 de l'incroyable
Iron Man de
Jon Favreau et des combats de rue de
Fighting (Dito Montiel, id), Howard tend à prouver la mesure de son talent, y compris sur scène, à Broadway, dans sa reprise du personnage de Brick (jadis tenu par
Paul Newman dans le film de
Richard Brooks) dans une nouvelle adaptation de
La Chatte sur un toit brûlant de
Tennessee Williams.