Je veux vivre intensément, vivre tout simplement. A quoi bon s'économiser ? ”
Thierry Le luron voit le jour à Paris à Boulogne-Billancourt. Enfant, il se passionne pour la radio et s’amuse à imiter, l’oreille collée au transistor ses idoles, Ray Ventura ou
Dick Rivers. Même si il croit en sa vocation, ses parents ne l’entendent pas de cette oreille. Ils l’obligent à travailler dans une banque, mais l’expérience ne durera guère. En 1969, il apprend par hasard qu’un casino organise un concours d’imitation. Il gagne le premier prix grâce à d’irrésistibles imitations de
Dalida ou de
Johnny Hallyday. Mais, le quart d’heure de gloire va bientôt se transformer en cauchemar. Le prix remporté étant une séance d’enregistrement dans un studio, Thierry se rend en Belgique où il trouve porte close. Mais, ce n’est pas une petite arnaque qui risque de l‘arrêter. Sa carrière débute réellement en 1970. Il est plébiscité par le public 6 fois de suite au Jeu de La Chance, présenté par
Jacques Martin. Son interprétation du Barbier de Sibérie impressionne un parterre en recherche d’un nouveau roi de l’opérette. Mais, Thierry n’a qu’une passion : l’imitation. Il finit donc par se retirer du jeu. Il fait sa première prestation d’imitateur à Télé Dimanche, en 70, pour l’anniversaire de Jean Nohain. Il refait Jacques Chaban-Delmas. En 1971, il sort son premier disque Le ministère patraque, qui aura un grand succès, puis fait la première partie de Claude François lors d'une tournée. En 1973, il altérne émissions, comme Le Luron du dimanche et Le Petit Rapporteur, et spectacles. Il est déjà très populaire en France. Le public aime qu’il se fasse la tête des plus grandes figures françaises. Il aime son enthousiasme mêlé de cynisme. Sa caricature de Mitterrand sera souvent copiée mais peu égalée. En 1983, il enchaîne trois cent représentations, au théâtre Marigny, de De Gaulle à Mitterrand. A cette période il co-anime, avec
Pierre Desproges, l’émission radiophonique Les Parasites de l’antenne, sur France Inter. En 1985, il « épouse »
Coluche. Ce simulacre de mariage gay fait grincer les dents de la France bien-pensante. D’ailleurs, son humour corrosif dérange beaucoup de politiques et il est souvent censuré à la télévision. Seul
Michel Drucker avait osé diffusé, quelques années plus tôt, sa parodie « L’emmerdant, c’est la rose », qui rossait le gouvernement socialiste. Mais, les fans le réclament et il revient toujours sur le devant de la scène. En 1986, Thierry annonce de nouveaux spectacles. Mais, il apprend qu’il est atteint d’un cancer, dont il succombera quelques mois plus tard, le 18 novembre. Il repose dans un petit cimetière breton du côté de Perros-Guirec.