Fer de lance d'un cinéma américain indépendant et branché, Todd Haynes doit ses premières émotions cinématographiques à...
Mary Poppins. Dans le cadre de ses études à la Brown University de Rhode Island, il réalise en 1985
Assassins: a film concerning Rimbaud, qui témoigne déjà de son désir de rendre hommages à certains artistes iconoclastes. Deux ans plus tard, il signe un moyen métrage intitulé
Superstar: the story of Karen Carpenter, qui utilise des poupées barbies pour évoquer le destin de cette chanteuse morte à 33 ans; mais le film est vite censuré par la famille de la défunte. C'est en 1991 que Todd Haynes réalise son premier long-métrage,
Poison, réflexion sur l'errance inspirée par l'écrivain français Jean Genet. Le film, encore inédit en France, décroche le Grand Prix du jury au Festival de Sundance, grand-messe du cinéma indépendant américain. En 1995, Todd Haynes travaille une première fois avec
Julianne Moore pour
Safe, métaphore sur la propagation du virus du sida. Il commence à toucher une cible plus large avec
Velvet Goldmine, récit mouvementé de la période du "glam rock" (début des années 1970). Le personnage principal, interprété par
Jonathan Rhys-Meyers, est une pop-star inspirée par
David Bowie et son personnage de Ziggy Stardust. Le film reçoit le Prix de la meilleure contribution artistique à Cannes en 1998. Le réalisateur revisite ensuite avec
Loin du paradis le vibrant mélodrame de Douglas Sirk,
Mirage de la vie, jouant avec les codes narratifs des années 1950 et axant cette nouvelle version autour de la question raciale aux Etats-Unis. Le film, couvert d'éloges, obtient quatre nominations aux Oscars, dont une pour
Julianne Moore. En 2007, Todd Haynes produit le film remarqué de
Kelly Reichardt,
Old Joy, et sort
I'm Not There qui révolutionne le biopic en faisant incarner
Bob Dylan par six acteurs différents (parmi lesquels
Cate Blanchett ou
Richard Gere). Le film reçoit le Prix spécial du jury à Venise.