Tsai Ming-liang



Tsai Ming-liang Naissance : 27 octobre 1957 à Kuching (Malaisie)
Age : 52 ans
Métiers : Réalisateur, Scénariste de cinéma
Ma motivation, c'est l'observation. J'observe mes acteurs. Dans chaque film, je les regarde changer au fil du temps.
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Tsai Ming Liang fait partie du trio contemplatif de cinéastes taiwanais, avec ses aînés issus de la seconde Nouvelle Vague de réalisateurs Hou Hsiao Hsien et Edward Yang. Son cinéma, se fondant sur une esthétique ascétique convoquant de longs plans (séquences) fixes et un univers sonore prégnant, est celui de la solitude contemporaine, urbaine et aliénante. Ses films, lents et silencieux, des qualités qui peuvent paraître à bien des égards répulsives, sont pourtant traversés par des moments proprement burlesques, d'une poésie rare, en dépit de leur tonalité somme toute dépressive.

D'origine chinoise, il naît en Malaisie où il grandit dans un petit village avant de partir faire ses études à Taiwan. Diplômé en 1982 de l'Université Culturelle de Chine en art dramatique, il débute dans le métier en tant que producteur théâtral et dramaturge, puis scénariste. En 1989, il passe à la réalisation en signant Tous les coins du monde, bientôt suivi de Boys (1991), deux moyens-métrages centrés sur les errances adolescentes au cœur de la capitale taiwanaise, Taipei, portés par son futur acteur fétiche Lee Kang-sheng. Produits par le studio officiel du Kuomintang, le Central Motion Pictures Corporation (CMPC), ces films se posent d'emblée dans la lignée du cinéma moderne de l'incommunicabilité, si cher à Michelangelo Antonioni, que Tsai pousse dans ses derniers retranchements, en traitant du mal être existentiel via la métaphore de l'eau, figure de style qui va désormais irriguer toute son œuvre à venir.

Poétique de la solitude


En 1992, il passe au format long avec Les Rebelles du Dieu néon, nouveau portrait sans concession de la jeunesse de Taipei, centré sur le personnage par la suite récurrent de Hsiao-kang interprété par Lee Kang-sheng, qui trompe son ennui et attise son désir au gré de ses déambulations dans les rues de la ville. Nettement inspiré des 400 Coups de François Truffaut, film phare de la Nouvelle Vague française auquel Tsai voue une admiration sans faille, Les Rebelles du Dieu néon oscille déjà entre toile sociale, comique de situation et désespoir amer, le tout porté par une mise en scène minimaliste encore un peu rigide. Elaborant une poétique de la solitude, Tsai poursuit alors son exploration de l'aliénation urbaine dans Vive l'amour !, Lion d'or au Festival de Venise, et dont la radicalité formelle (trois personnages, un unique lieu, peu d'actions et une quasi absence de dialogues), parcourue de rares respirations comiques, témoigne du profond sentiment de désillusion éprouvé par ce trio sexuel ne parvenant pas réellement à se rencontrer autrement que sur le mode du croisement.

Après My New Friends (TV, 1995) documentaire dédié à la cause homosexuelle, thématique centrale de son oeuvre, Tsai enchaîne avec La Rivière (1997) où il aborde de front le sujet en s'attaquant aux tabous de la société taiwanaise. Prix spécial du Jury à Berlin, cette chronique quasi métaphysique de l'éclatement de la cellule familiale, tire sa force de l'absolue évidence de ses non-dits, unissant chacun de ses personnages dans sa quête de transgression et surtout son acceptation. L'année suivante, The Hole (1998), film de commande sur le passage à l'an 2000 faite par Arte, apparaît alors comme une joyeuse récréation en dépit de son atmosphère volontiers oppressante mais propice, pour une fois, à la communication entre les individus. Puis, il s'attelle à l'écriture de son film parisien, vibrant hommage au cinéma de Truffaut, Et là-bas, quelle heure est-il ? (2001), une nouvelle méditation empreinte à la fois de noirceur et de burlesque sur les dérèglement du temps, à laquelle il parvient à insuffler grâce et légèreté.


Perfection formelle


A ce titre, Au revoir, Dragon Inn (2004), somptueuse ode aux pouvoirs évocateurs du septième art, frappe par la violence de sa mélancolie et la fragilité contemplative de sa beauté plastique. Toujours empreint de l'étrangeté propres à ses films précédents qui oscillent sans cesse entre différents registres, La Saveur de la pastèque (2005) se présente cette fois comme un étonnant mélange d'érotisme et de burlesque, de science-fiction et de comédie musicale, à la fois tout autant poétique que politique. Après une contribution au film collectif Chacun son cinéma, I Don't Want to Sleep Alone (2006) marque le retour sdu cinéaste sur sa terre natale, en Malaisie, et clôt, pour un temps, les aventures de son personnage Hsiao-kang dont la virtuosité formelle et la puissance émotionnelle silencieuse tendent à la sidération.

En parallèle de ses longs métrages, Tsai Ming-Liang a aussi réalisé deux courts, toujours en compagnie de ses d'acteurs fétiches, Fish, Underground (2001) et Le Pont n'est plus là (2002), et travaillé sur un documentaire collectif, Welcome to Sao Paulo, (2004). Avec son nouveau projet, Visage (2009), il continue d'écrire la biographie de son alter-ego fictif, ayant ainsi le plaisir de mêler Lee Kang-sheng à une pléiade d'acteurs français dont Jean-Pierre Léaud, Jeanne Moreau, Fanny Ardant, Nathalie Baye et Laetitia Casta. Le film est sélectionné en compétition au Festival de Cannes 2009.











 

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