Wayne Kramer nait en Afrique du Sud où il suit une formation artistique à l'Ecole d'art, de théâtre et de musique de Johannesburg. Attiré par le cinéma, il s'envole pour les Etats-Unis et tourne son premier long métrage en 1992,
Blazeland. Quasiment autoproduit, le film narre l'histoire invraisemblable d'une rock star des sixties, The Blaze, qui revient à la vie pour promouvoir un groupe. Parfaitement méconnu du grand public ou des cinéphiles, le film ne sera vu et admiré que par quelques happy few qui l'auront sorti de l'oubli. Quatre ans plus tard, Kramer signe
Crossing Over, un moyen métrage qui fait le tour de quelques festivals mais sans réellement marquer les esprits. Après plusieurs années où il enchaîne l'écriture de différents scénarios dont il n'arrive pas à financer le tournage, Kramer signe enfin un nouveau long métrage,
Lady chance (2003), avec
William H. Macy,
Alec Baldwin et
Maria Bello. L'intrigue se situe à Las Vegas et raconte l'histoire d'un antihéros (Macy), embauché par un casino afin de porter la poisse aux joueurs remportant un peu trop la mise. Un job qui lui permet de payer sa dette au Shangri La et à son patron (Baldwin). Mais alors qu'il a bientôt remboursé son dernier dollar, Macy, infatigable loser du cinéma américain, rencontre l'amour (Bello). La chance lui sourit soudainement, et les complications commencent. Avec ce premier film, remarqué au festival du film policier de Cognac où il remporte le prix du Jury, Kramer capte avec finesse l'univers des casinos. Il dessine avec intelligence un trio où chacun est lié et condamné par sa situation, le passé, l'espoir de s'en sortir. Il donne une dimension humaine et sensible qui au final donne un beau portrait de personnages errant dans un monde irréel aux relations biaisées par le jeu.
L'année suivante, Kramer voit enfin un vieux script qu'il avait vendu quelques années plus tôt être mis en boîte,
Profession profiler (2004) avec
Val Kilmer et
Christian Slater. Le scénario n'est ni plus ni moins qu'une relecture des Dix Petits Nègres d'Agatha Christie, revus et corrigés par
Les Experts ou
Esprits Criminels, les séries télé. Tourné par Renny Harlin, dont la carrière est depuis longtemps en chute libre, le film est un échec au box office et un désastre artistique - à tel point qu'on peut se demander légitimement si ce n'est pas voulu. Deux plus tard, Kramer revient derrière la caméra et au scénario pour un thriller musclé avec
Paul Walker,
La Peur au ventre (2006). Echec en salles peu rattrapé par la critique accusant son hystérie visuelle, le film décroche pourtant par endroits pour démontrer sa parfaite maîtrise du rythme et de la mise en scène. Le film tranche avec le précédent, mais contient pourtant quelques miettes donnant l'espoir qu'un cinéaste est né. Ce qu'il confirmera peut-être en 2009 avec le film choral
Crossing Over, une version longue de son moyen métrage. L'auteur profite d'un casting de stars composé d'
Harrison Ford,
Sean Penn et
Ray Liotta afin de raconter l'histoire de plusieurs personnages de différentes nationalités, autour des divers problèmes d'immigration aux Etats-Unis. Situé à Los Angeles, le récit creuse ainsi différents aspects et situations comme la frontière, la fraude administrative, les procédures de Carte Verte, la naturalisation, le travail illégal, le terrorisme ou encore les différences culturelles. Nul doute que l'auteur promet d'être plus à l'aise dans ce registre dramatique que dans celui de l'action.