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On a tous connu Will Smith au début des années 1990 en allumant un jour notre téléviseur. Il était William Smith, la star rigolote du sitcom Le prince de Bel-Air (1990-1996). Un rôle construit sur-mesure à partir de sa vie et carrière de chanteur hip-hop débutée en 1987 avec l’album Rock the House, élaboré avec son partenaire et ami DJ «Jazzy Jeff » Townes, également acteur dans la série. Avant d’être comédien, Will Smith est donc le Fresh Prince. Cette carrière musicale, il décide de l’embrasser au détriment d’études prometteuses : après être passé par une école réputée de Philadelphie, où il est né, il refuse une bourse dans un MIT pour se consacrer à la musique. Le premier succès de DJ Jazzy Jeff & The Fresh Prince arrive en 1989 avec le tube Parent’s just dont understand, récompensé d’un Grammy Award. Le duo opte alors pour un rap bouffon et fluo aux lyrics softs, qui loin du militantisme hardcore et martial des Public Enemy ou du groove bad boys de NWA, leur ouvre les portes de plusieurs succès commerciaux. Une collaboration qui cesse en 1993 après l’album Code Red. Will Smith continuant la musique en solo vers le fin des années 1990 avec quelques succès et un four (son troisième album).
Grâce au Prince de Bel-Air, Will Smith gagne ses galons de comédiens et on commence à lui proposer quelques rôles au cinéma. Il apparaît aux côtés de Woopie Goldberg dans le navet Made in America (1993), son rôle d’escroc dans Six degrés de séparation (1993) de Fred Schepesi prouve qu’il sait faire varier avec finesse les tonalités de son jeu, puis vient son premier film d’action, Bad Boys (1995) de Michael Bay. Will Smith y partage l’affiche avec Martin Lawrence, grand spécialiste de la comédie black familiale et de préférence lourdingue sinon vulgaire. Le film l’est d’ailleurs tout autant : un buddy movie banal mais bourrin (la spécialité de Michael Bay), avec en toile de fond une ode machiste à la culture afro-américaine. Malgré le succès mitigé du film qui connaîtra en 2003 une suite (Bad Boys 2) encore plus macho, bourrine et vulgaire, jusqu’à friser l’irresponsabilité (blagues racistes sur les cubains, macchabées projetés sur l’autoroute), Will Smith devient un acteur solvable pour blockbuster.
En 1996, il obtient l’un des rôles principaux de l’énorme série B impérialiste de Roland Emmerich, Independence Day. Malgré un film inégal car mal interprété (c’est d’abord une caricature à regarder au dixième degré), Will Smith marque les esprits. Comme les aliens lui vont bien, on lui confie avec Tommy Lee Jones le rôle titre de Men in Black (1997), une adaptation de comics par le génial et mésestimé Barry Sonnenfeld. Le rôle lui va comme un gant, il trouve le ton juste entre candeur stupéfaite, désinvolture ironique, humour crâneur au second degré et maniement habile de sa culture black. La suite, Men in Black 2 (2002), ne retrouvera pas l’alchimie parfaite du duo à cause d’un film trop pressé. Un an plus tard, il croise la route du génie britannique Tony Scott pour un polar high-tech où il est convaincant, Ennemi d'Etat (1998), puis retrouve Sonnenfeld sur Wild Wild West, l’adaptation cinéma de la série télé, Les mystères de l’ouest, où scandale il reprend un rôle autrefois joué par un blanc. Film mal aimé et incompris (à tort et par Smith lui-même), Wild Wild West ne trouve pas son public et lui fera regretter d’avoir refusé le rôle de Neo dans Matrix.
Jusqu’ici, Will Smith n’a pas encore prouvé l’étendu de ses talents dans un rôle « sérieux ». On lui a surtout confié des rôles où il héritait d’un Eddie Murphy, son ancienne idole. Michael Mann vient alors à sa rescousse avec Ali (2001), un biopic du célèbre boxeur Mohammed Ali qui lui vaut une nomination aux Oscars. Will Smith prend le rôle à cœur, Ali c’est un symbole, de réussite sociale et d’une époque où la communauté afro-américaine luttait pour ses droits civiques. Le film lui apporte une certaine légitimité prouvant qu’il est capable d’exister dans autre chose que du pur entertainement où il vient amuser la galerie entre deux effets spéciaux. Ce qui ne l’empêche pas de s’investir dans la production de I, Robot (2004) d’Alex Proyas, où il tient le rôle principal de cette adaptation du célèbre auteur de science-fiction, Isaac Asimov. Bilan mitigé, le film est une semi réussite artistique et pas le succès commercial escompté. Pourtant, ses racines et sa culture afro-américaine apportent au rôle et surtout au genre une intéressante dimension sociale (plus que communautaire). Il s’essaie ensuite à la comédie romantique avec Hitch (2005), qu’il produit. Pas de chance, le film est mal foutu, pas drôle, et son rôle de super coach de l’amour veut faire de lui une vedette trop auto proclamée. Conclusion : le bide.
En 2007, il est nominé aux Oscars pour son rôle dans A la recherche du bonheur (2006) de Gabriele Muccino (qu’il retrouve en 2008 pour Seven Pounds). Inspiré d’une histoire vraie, le film raconte le parcours du combattant d’un père qui tente de s’en sortir professionnellement et socialement. A l’arrivée, sa morale est si libérale et démagogique que Nicolas Sarkozy aurait pu en faire un étendard de sa campagne. Enfin, avec Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence, Will Smith revient à la SF avec ce remake du Survivant (1971) où il reprend un rôle joué autrefois par l’ultraconservateur Charlton Heston, grand défenseur des droits civiques dans les années 1960. Ce qui n’a peut-être pas laissé Smith insensible pour cette interprétation du dernier survivant de l’apocalypse errant dans les rues désertes de New York. Aujourd’hui, il a réussi après Denzel Washington a devenir l’un des acteurs noirs les plus respectés et les mieux payés d’Hollywood, ce qui lorsqu’on y regarde de plus près reste encore exceptionnel.
Jérôme Dittmar
![]() Seven Pounds (2009) |
![]() Hancock (2008) |
![]() A la recherche du bonheur (2007) |
![]() Je suis une légende (2007) |
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| Wave Em Off | ![]() |
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Toute la discographie de Will Smith
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| Collaborations | Diana King, Ben Affleck, Salma Hayek, Bill Pullman, Kenneth Branagh, Robert Redford, Joel Gretsch, Ted Levine, Peter Stormare, Vincent D'Onofrio, Milo Ventimiglia, Johnny Knoxville, Kevin Smith, Jason Lee, Jenji Kohan, Michael Mann, Bridget Moynahan, Jon Voight, Elisabeth Harnois, Regina King, Jerry Bruckheimer, Marg Helgenberger, Rosario Dawson, Paula Patton, Michael Bay, Shia LaBeouf, Eva Mendes, Francis Lawrence |
| Amis/Famille | Martin Lawrence, Barack Obama, Jaden Smith |
| Personnalités Similaires | Gabriel Byrne |
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