A Hong Kong, nous n’avons ni le temps, ni l’espace, ni les moyens de tourner autrement que caméra à l’épaule ou en grand angle. Notre style n’a pas de considération esthétique. Notre style ce sont les contraintes qui le créent . ”
Wong Kar-Wai s’installe avec sa famille à Hong Kong en 1963. Diplômé en Arts graphiques, il débute comme assistant de production à la télévision et devient rapidement scénariste pour des programmes de tous genres, du soap au porno. Il commence à écrire pour le cinéma au début des années 1980. Après un premier scénario –
The Last victory – adapté à l’écran par Patrick Tam, il passe à la réalisation en 1988 avec
As Tears Go By, un film de gangster inspiré de Matin Scorsese, mal reçu (car trop violent) lors de sa présentation à Cannes. Il assoit son style dans son deuxième film,
Nos années sauvages, encensé par la critique mais boudé par le public. Un chassé-croisé amoureux, poétique et langoureux. C’est au troisième essai qu’il met tout le monde d’accord (ou presque), avec
Chungking Express, dans lequel il filme, caméra à l’épaule, la solitude de personnages dans une ville grouillante et agitée. Son deuxième très gros succès sera
In the Mood for Love (2000). Ses œuvres, toujours très chiadées visuellement (il travaille souvent avec le même chef opérateur, Christopher Doyle), reposent aussi beaucoup sur les personnages, donc sur les acteurs, qu’il a le don de savoir choisir. Il a fait connaître
Maggie Cheung,
Tony Leung, Leslie Cheung au grand public occidental, en même temps qu’il parvenait à susciter son intérêt pour le cinéma asiatique.