Xavier Giannoli s'est révélé avec une poignée de courts et à peine deux longs métrages comme l'un des jeunes cinéastes français les plus prometteurs d'une génération où il semble insituable. A peine diplômé en Lettres à la Sorbonne, il se lance dans le cinéma en réalisant son premier court métrage à 21 ans,
Le Condamné (1993), avec Philippe Léotard et Christine Boisson. Il enchaîne deux ans plus tard sur
J'aime beaucoup ce que vous faites (1995), avec
Sam Karmann et
Mathilde Seigner, autour d'un couple se rendant à la première d'un film dirigé par un ami. La même année il tourne également
Terre sainte (Id) et
Dialogue au sommet Id), avec
François Cluzet, sur la discussion entre un patron et son ouvrier à 80 mètres au-dessus du sol. En 1998 il fait parler de lui avec un autre court,
L'interview, où
Mathieu Amalric tente d'interviewer
Ava Gardner. Le film remporte la Palme d'or et le César du meilleur court métrage. Egalement auteur de quelques documentaires (notamment sur
Pialat :
L'œil humain) et réalisateur de spots publicitaires à ses heures (Volkswagen, Canal +, Pierre et Vacances), il passe au long métrage en 2003 avec
Les Corps impatients. Une chronique passionnelle sur fond de trio amoureux et de maladie, où des personnages à peine sortis de l'adolescence « se battent sans pathos pour vivre », dixit l'auteur. Réunissant un casting de comédiens débutants :
Laura Smet,
Nicolas Duvauchelle et Marie Dernaud, qui s'abandonnent complètement à la caméra DV de Giannoli, le film est salué par la critique.
Xavier Giannoli retrouve
Nicolas Duvauchelle en 2005 sur
Une aventure, avec
Ludivine Sagnier, accessoirement amoureuse du comédien à l'époque (leur idylle s'étalant dans les journaux). Cette histoire d'amour sur fond et double fond de somnambulisme et vampirisme laissera une bonne partie de la critique sur la touche. La grâce déjà borderline du film précédent s'effondre, le récit se fait prévisible, le style pesant, le ton exagéré, le rythme répétitif et le traitement général moins inspiré. Giannoli enchaîne alors sur
Quand j'étais chanteur (2006) avec
Gérard Depardieu,
Cécile de France et
Mathieu Amalric, une belle chronique sentimentale et généreuse d'un chanteur de province tentant un ultime comeback. L'auteur réussit un film pudique et émouvant, un mélo d'une sensibilité à fleur de peau et d'une élégance rare. Présenté en compétition officielle à Cannes, le film est plusieurs fois nominé aux Césars. Il réussit à réconcilier cinéma d'auteur et populaire, critique généraliste et spécialisée, avec un film de midinette qui pourtant menace de sombrer dans le cliché et la ringardise à chaque instant. Deux ans plus tard le cinéaste retrouve
Gérard Depardieu sur
A l'origine (2008) avec
François Cluzet et
Emmanuelle Devos. L'histoire d'un petit escroc de province dont la vie et les machinations est chamboulée lorsqu'il tombe amoureux de la maire d'une petite ville. Il concourt pour la Palme d'or au
Festival de Cannes 2009.